Chaïm SOUTINE
1893 – 1943 peintre français d'origine lituanienne. Il a pratiqué un impressionnisme virulent.
Chaïm Soutine est resté longtemps à l'écart du milieu artistique, à cause de sa personnalité très particulière , mais aussi par son art, resté incompris, marginalisé.
Artiste génial Chaïm Soutine fut, l'observateur des âmes et des esprits. Ses portraits soulignent particulièrement la personnalité des modèles choisis. Il sait tirer les caractères, les pensées, les travers des personnages qu'il peint dans une synthèse qui exhume la force de chacun d’eux, dans un genre qu’aucun artiste avant lui n’avait su exprimer.
Chaïm Soutine à Lèves (par Maïthé VALLES-BLED)
En 1928, lors d'une cure à Chatelguyon, Soutine rencontre Marcellin et Madeleine Castaing qui, depuis plusieurs années, s'intéressaient déjà à sa peinture. Cette rencontre, à la suite de laquelle l'amitié et le soutien des Castaing allaient désormais entourer l'artiste, devait être à l'origine de ce que l'on a par la suite nommé «les années chartraines» de Soutine, années qui correspondent à la période de la maturité de son oeuvre.
C'est en 1928 que Soutine fut en effet invité pour la première fois dans la propriété de Lèves. Pendant de nombreuses années, au cours de la belle saison, et jusqu'à l'orée de la deuxième guerre mondiale, il fit de fréquents et longs séjours dans cette demeure dont, dès le premier jour, il avait dit émerveillé par le parc et la demeure : «Je ne pourrai jamais peindre votre maison».
Soutine, qui n'a effectivement jamais peint cette demeure, a réalisé dans son atelier de Lèves (au premier étage de la maison) la plupart de ses principaux chefs-d'œuvre. L'artiste qui, toute sa vie, n'a jamais peint autrement que sur le motif, puisait ses thèmes quelquefois à Chartres (c'est le cas notamment de La Cathédrale et des Grands Prés), parfois à Oisème (les différentes versions qu'il a données de la maison à Oisème sont restées célèbres) , mais le plus souvent à Lèves même, dans le parc de la propriété, choisissant ses modèles parmi la population lévoise.
Parmi les personnages du village, il peignit notamment le fameux portrait du petit Charlot Cissé, dont les parents tenaient un café dans le centre de Lèves.
Il était parfois difficile pour Soutine de trouver des modèles dans le village, quelque mari soupçonneux s'opposant à ce que sa femme continue de poser pour un artiste qui lui demandait de retrousser sa robe jusqu'aux genoux ! Marcellin Castaing fut même obligé d'intervenir auprès dudit mari afin que Soutine put terminer par exemple La femme entrant dans l'eau directement inspirée de la Suzanne au bain de Rembrandt, qui révèle les qualité exceptionnelles d'un prodigieux coloriste.
Des animaux de la ferme de Lèves aux portraits des habitants de la commune, des grands arbres du parc de la propriété ou de ceux des grands Prés, aux escaliers de Chartres ou aux différentes versions de la Cathédrale, Soutine nous laisse de sa période lévoise une partie importante de sa production parmi laquelle figurent plusieurs chefs-d'œuvre parmi les plus grands.
Madeleine Castaing, qui a eu avec son mari le rare privilège de le voir peindre, se souvenait de l'état particulier (presqu'un état de transe) qui était celui de Soutine pendant qu'il peignait : «recherche du motif, écrivait-elle, recherche du modèle, recherche de la toile. Il aimait peindre sur une toile du XVIIe siècle, la préparation lui convenait, il mouillait son doigt et la caressait. Nous respections sa solitude et disparaissions. Si tout allait bien, il était dans un état second.»
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