Madeleine Castaing (1894-1992), antiquaire et décoratrice de renommée internationale, fut l'amie et le mécène de nombreux artistes, parmi lesquels Soutine, qui réalisa son portrait en 1928.
Personnalité originale, voire fantasque, elle a révolutionné le monde de la décoration. Le «style Castaing» fait aujourd'hui figure de référence.
Fille d'un ingénieur qui construisit la gare de Chartres, Madeleine Magistry a épousé très tôt le critique d'art Marcellin Castaing qui lui offrit la maison néoclassique de Lèves.
D'une manière générale, Les Castaing furent les mécènes de peintres de l'Ecole de Paris et de l'académie de la Grande Chaumière.
Peu après la mort de leur ami Modigliani, les Castaing firent la connaissance de Soutine. De 1930 à 1935, ils l'accueillirent chez eux durant l'été dans leur maison de Lèves, devenant ses mécènes et ses principaux acheteurs. Madeleine Castaing voyait en lui le plus grand peintre du XXème siècle.
A partir des années 1930, les choix artistiques de Madeleine Castaing jouèrent un rôle considérable dans le monde de l'art, aussi bien à travers sa profession d'antiquaire que dans son métier de décoratrice. Encore aujourd'hui, le «style Castaing» fait l'objet de nombreuses rééditions. Il existe même un «bleu Castaing» créé par la décoratrice pour l'aménagement de sa maison de Lèves, : un bleu qu'elle utilisait volontiers en contraste avec du blanc cassé ou du noir, notamment dans les gammes de tissus et de papiers imprimés qu'elle produisait.
Elle fut l'amie d'Erik Satie, de Maurice Sachs, de Blaise Cendrars, d'André Derain, de Cocteau (dont elle aménagea la maison), de Chagall, d'Iché, de Picasso, d'Henry Miller, de Louise de Vilmorin (à qui elle inspira le personnage de Julietta dans le roman du même nom) et de Francine Weisweiller (dont elle décora la villa).
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