
Le moulin de Lèves, ou moulin d'Ouarville, existait avant 1382. En effet, «adjudication par décret, faite au chapitre par le Bailly de Lèves d'un moulin assis à Lèves sur la succession de jean Chauvel en 1382. suivant un accord passé entre le chapitre et les exécuteurs testamentaires de Jean Chauveau, ces derniers ont accordé que le chapitre eût, par décret, le moulin de Lèves en déduction des 500 livres qu'il devait au chapitre pour les arrérages de rente à cause des lieux de Voujolis et autres qu'il devait au chapitre. Il avait été condamné par le Parlement.»
Le 14-2-1791 à la requête de messieurs les officiers de la paroisse Saint Lazare de Lèves, a été vendu (bien national) le moulin de Lèves à 2 fours, avec 2 écuries, un jardin, un pré, le tout entouré de fossés et clos d'une haie vive, un grand corps de bâtiment où est le moulin composé de 2 chambres à feu, 2 cabinets froids, 4 greniers, le tout dépendant du chapitre de Chartres affermé à la veuve Mauzaize par bail passé pour 9 ans le 25-2-1788 devant le secrétaire du chapitre pour 3 muids de blé chamart (un grain de seigle courant par poignée en 1810) mesure de Chartres, 9 muids de blé méteil mesure du chapitre (mélange où domine le sigle) 100 livres en argent et 4 chapons de ferme et faisans, ce par an de 3 mois en 3 mois.
Outre la veuve Mauzaire est tenue :
- de payer cens, rentes, droits et devoirs seigneuriaux,
- entretenir roues, meules et ustensiles,
- payer 6 livres tous les ans pour diminutions des meules,
- entretenir la superficie des ponts,
- faire les approches de tous matériaux nécessaires,
- entretenir clôtures, couvertures, portes, fonteaux... lattes... fossés et les refaire s'ils sont comblés,
- héberger Messieurs du ci-devant chapitre, leurs domestiques et commis.
Mise à prix 26 000 livres
Adjugé 42 500 livres à la veuve Mauzaize, fermière du moulin.
En octobre 1805, Mme Mauzaize fait un testament. Elle y décrit minutieusement ce qui appartiendra à son fils César et à sa fille Mme Dellier. Le moulin à 2 roues sera séparé en 2 moulins à 1 roue. Le fils aura le moulin situé du côté Lèves appelé «Moulin à blanc» et sa fille celui d'Ouarville «pour quoi ma fille repoussera du côté de la porte à bateaux le moulage, la roue et tout ce qui en dépend...»
Les bâtiments seront séparés du rez-de-chaussée aux combles par des cloisons en planches et les terrains par piquets, cloisons et murets en commun. Elle signale toutes les servitudes.
Mme Mauzaize décède le 28-06-1806, ses enfants héritent le 23 janvier 1808.
César Mauzaize vend sa part en adjudication au plus offrant pour dédommager ses nombreux créanciers. C'est Mme de la Perelle qui l'obtient. En 1818 ce moulin est vendu à Mathurin Gallas, grand oncle d'Anatole France qui le vend en 1838 à M. Jean Denis Goussard.
Le second moulin, appartenant à Mme Dellier, est vendu en 1852 à M. Jean Denis Goussard.
A l'inventaire des biens de M. Goussard en 1865, ces 2 moulins sont réunis à nouveau en un seul, le 2ème a été démoli en partie en 1842 et reconstruit en 1847, et tous deux démolis en 1853 puis reconstruits en 1857 dans la forme actuelle, déclassée en 1882.
Les héritiers de M. Goussard, Mmes Rabourdin et Mallet l'ont gardé de 1882 à 1930 (sol, bâtiment, cour). M.Auroir-Caron, charron, l'a eu de 1930 à 1936, puis la Sté des Fermiers Réunis en a fait un centre de réparation de matériel jusqu'en 1952.
M. et Mme Castaing l'ont acheté en 1970 et vendu à la ville en 2003.
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